
Pour le gérant
Je suis du bord du gérant. Toujours.
J'ai été gérant de salle. Je sais ce que c'est, un proprio qui débarque le 3 du mois avec le rapport de la comptable et une face longue, pour une semaine de trop de staff qui date de trois semaines. Ce n'est pas de la gestion, c'est de l'archéologie. Voici ce que je change dans la journée d'un gérant.
Le matin
Deux minutes, et il sait.
Avant, un gérant apprenait comment sa semaine avait été quand quelqu'un d'autre le lui disait. Avec moi, il l'apprend le lendemain matin, seul, avant tout le monde. Il entre les cinq champs d'hier, je lui rends son verdict, et s'il y a quelque chose à corriger, il le corrige aujourd'hui, pas dans trois semaines. Le proprio voit la même chose au même moment. Plus de rapport à écrire, plus de «pis, comment ça a été?».
L'horaire
Une heure au lieu d'une soirée.
Les disponibilités arrivent toutes seules, entrées par l'équipe sur leur téléphone. Je peux proposer une grille qui respecte les dispos, les jours souhaités et les rôles; le gérant ajuste ce qu'il veut. Je bloque la publication tant qu'il n'y a pas quelqu'un sur appel en service et en cuisine chaque jour, parce que le jour où quelqu'un se déclare malade à 6 h, c'est ça qui sauve le service. Ensuite je préviens l'équipe, et je garde une trace de qui a confirmé avoir vu son horaire. Fini les «je savais pas que je travaillais».
La main-d'œuvre
En heures, pas en pourcentage.
Un pourcentage, ça ne dit rien à quelqu'un qui a un plancher à faire tourner. Quand une journée dépasse la cible, je dis «6,5 heures payées en trop, 125 $». Ça, un gérant sait quoi en faire: couper une heure plus tôt le mardi, ne pas mettre deux personnes en cuisine les soirs de pluie. Et je lui donne chaque matin l'objectif de vente qui rend la journée verte, pour qu'il sache à 15 h s'il doit pousser les desserts ou renvoyer quelqu'un.
Les bonis
Calculés, pas négociés.
Si le proprio a un plan de bonis, il est écrit noir sur blanc dans le dash: les paliers sur le ticket moyen, le food cost, la masse salariale, la discipline. Le gérant voit tout le mois où il en est, à quel palier il est rendu et ce qu'il lui manque pour le suivant. À la fin du mois, le montant sort des vrais chiffres. Plus de discussion dans le bureau, plus de «on verra». Un gérant qui coupe à temps voit son boni monter. C'est ce que j'aime.
Les employés
Un dossier, pas une chemise.
Fiche, documents, intégration étape par étape, manuel et convention signés, vacances, événements au dossier. Quand un employé a un retard, une reconnaissance, un avertissement, le gérant l'écrit en trente secondes, et le suivi disciplinaire se fait dans l'ordre, verbal, écrit, suspension. Le jour où il faut prendre une décision difficile, tout est là, daté, et personne ne se fie à sa mémoire.
Le cartable
La même réponse pour tout le monde.
Ouverture, fermeture, recettes, fiches de poste, manuel, convention de pourboire. Le nouveau qui commence mardi a tout dans sa poche avant son premier quart. Le gérant arrête de répéter la même chose à chaque embauche, et l'équipe arrête de le déranger pour la recette du sirop simple.
Ce que je ne fais pas
Ce que je ne fais pas au gérant.
Je ne le surveille pas. Je ne compte pas ses clics, je n'enregistre pas où il est, je ne fais pas de rapport sur lui. Je regarde les chiffres du resto, et je les montre aux deux personnes qui ont le droit de les voir, lui et le proprio, en même temps, sans filtre. Un gérant qui fait bien sa job n'a rien à craindre de moi; il a un témoin.
Si ton gérant n'a pas deux minutes le matin pour entrer cinq chiffres, le problème n'est pas l'outil. Et si ton gérant est bon, je vais te le prouver tous les jours. Les bons gérants m'adoptent vite: c'est la première fois que quelqu'un compte ce qu'ils font bien.
Et en plus, si tu en as besoin, des add-ons sur le plan de base: Punch mobile (9 $), Textos à l'équipe (29 $), Export de paie (19 $), Caisse connectée (39 $), Partage des pourboires (19 $) par mois, par établissement, sur la même facture. Voir les add-ons